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samedi 30 mars 2019

CHOISIR SON PARFUM SELON SON HUMEUR...






Enjouée ? Vite une senteur légère et des notes bucoliques. Troublée ? À vous la rose et le jasmin et leurs caressants arômes... Rien de plus variableque nos émotions, et les fragrances y font écho. Petit guide pour accorder les senteurs à nos humeurs.

1-Les élixirs du désir

Je veux un parfum fatal
Comment traduire l’extrême séduction en senteurs ? Carlos Benaïm, parfumeur chez IFF, nous donne quelques clés : « Il faut des notes florales puissantes mais qui s’annoncent doucement avec des agrumes ou des notes cristallines et vertes. Et en guise de sillage, des notes orientales ou les senteurs langoureuses des bois, patchouli et santal en tête. » Comme dans Jaïpur Bracelet, de 
Boucheron, pour lequel il a choisi une molécule de synthèse, le cashméran, aux facettes légèrement musquées et animales. Celui-ci oscille entre les notes boisées et ambrées et vient corser les nuances vertes de la jacinthe et les accents fruités liquoreux de l’œillet d’Inde.

Une alchimie épicée. Pas de parfum fatal sans fleurs voluptueuses, comme la tubéreuse ou le jasmin, animal et miellé, tel qu’on le sent à la tombée de la nuit comme dans 
Elie Saab Le Parfum. La rose, elle aussi, fait partie de ces fleurs de la séduction à condition de l’habiller de notes épicées et ambrées comme dans Black XS L’Excès, de Paco Rabanne.

Encore plus d’exubérance ? On choisit alors la fleur d’oranger de 
Roberto Cavalli Eau de parfum. Attention, celle-ci est en absolu, bien loin de la légèreté d’une Cologne, parée de fève tonka et d’ambre gris.
Je veux un parfum sexy
Souriant et sensuel à la fois, à ne pas confondre avec l’opulence des fragrances entêtantes des grandes fleurs capiteuses.
« Au contraire, on sera plus dans la légèreté et la gourmandise avec des notes qui mettent l’eau à la bouche », précise Aurélien Guichard, parfumeur chez Givaudan. Il y aura des senteurs sucrées avec une pointe de vanille et de miel, quelques fruits juteux et pulpeux. Si on a en plus des muscs blancs et des épices troublantes comme le cumin qui rappelle étrangement l’odeur de la peau, ce sera parfait. Un exemple ? For Her Eau Délicate, de Narciso Rodriguez, qu’il a composé. À première vue, on le croit bien sage avec sa touche tendrement florale, mais très vite, les notes coquines et sensuelles arrivent. On craque alors pour les facettes sucrées-fruitées d’une figue mûre, la touche de vanille et les bois nuancés de muscs blancs.
Recettes pour semer le trouble : aussi délicieux qu’un caramel fondant, Myrrhe et Délires, de 
Guerlain, a la touche addictive des senteurs gourmandes qui ne sont pas écœurantes. Sexy en diable, cette myrrhe-là a tout ce qu’il faut : les fleurs pour le chic, la pointe de réglisse et de fruits pour être à croquer, du patchouli pour semer le trouble. Si on préfère les notes plus ambrées et épicées, il faut essayer Ambre Nue, d’Atelier Cologne. Au menu, de la cannelle, des zestes de mandarine qui donnent du peps, du benjoin caramélisé et de la fève tonka.
 

2-“Le mystère vient de notes intenses et profondes”

Je veux un parfum mystérieux
Pour plonger au cœur d’un labyrinthe parfumé où l’on ne sait plus où donner de la tête. Rien n’est évident, tout est énigmatique. « Le mystère vient souvent de notes intenses et profondes comme le patchouli ou la mousse de chêne. Les chypres révèlent aussi un caractère mystérieux car on peut y percevoir des notes tantôt boisées, tantôt plus ambrées ou florales », détaille Thierry Wasser, parfumeur chez Guerlain. Autant de jeux de pistes en senteurs dans lesquels on aime se perdre.
L’autre clé du mystère. Plus la senteur nous emporte vers des contrées lointaines, plus elle nous captive. La destination de rêve ? L’Orient et sa magie des Mille et Une Nuits. « Pour ce chypre qu’est Rose Nacrée du Désert dans la collection les Déserts d’Orient, je suis allé chercher une rose perse difficile à dompter et rendue encore plus mystérieuse par des bois comme le patchouli et le oud », ajoute Thierry Wasser (à découvrir en juillet). Pour la profondeur et la complexité, on essaye aussi Empreinte, de 
Courrèges, un grand chypre de 1970 qui renaît de ses cendres. Tout y est, l’intensité des notes boisées, les fleurs, et l’accord cuir pour le caractère. Si on préfère les contrastes, on s’évade avec la version parfum de Voyage, d’Hermès. Un chaud-froid d’épices fraîches et de bois chaleureux. Ou bien, on se perd dans les méandres de Oud for Love, The Different Company. On hésite alors entre les notes épicées glacées et les accords doux ambrés. Pour corser la difficulté, du santal, du vétiver et une larme d’accord whisky ont été ajoutés.
 

-Senteurs et sentiments

Je veux un parfum insolite
OPNI (objet parfumé non identifié) en vue. Plus original, on ne fait pas, on ne l’a jamais senti sur quelqu’un d’autre. « Un parfum peut être insolite pour différentes raisons. Par exemple, en détournant un ingrédient de son usage traditionnel. Comme le bois de oud que j’ai travaillé sur un ton lumineux, avec une note légèrement épicée d’œillet, dans l’eau de parfum Oud, explique Francis Kurkdjian. Autre moyen de créer l’inattendu : associer deux matières premières qu’on n’imaginerait pas ensemble. Comme l’élémi, une étonnante résine à l’odeur citronnée, que j’ai mariée à du cèdre de l’Atlas. Au cœur de Oud, tous deux créent une note étrangement fleurie et enveloppante. »
Original et chic. À l’image aussi de La Pluie, de 
Miller Harris. Un parfum qui évoque une averse tropicale en mêlant un ingrédient peu connu, l’absolu de blé, à un accord floral de lavande et de fleurs blanches. Ou encore, L’Eau Froide, de Serge Lutens, où l’encens s’offre en guest star dans un rôle à contre-emploi. En donnant la réplique à des notes épicées et poivrées, il évoque une eau si fraîche qu’on croit la toucher autant que la sentir..
 

3-“L’effet romantique d’un parfum qui ne triche pas”

Je veux un parfum romantique
Pour faire de jolis rêves, s’imaginer marcher pieds nus dans l’herbe, même sur le tarmac, en zigzaguant entres les voitures, on se sent l’âme légère et vagabonde comme si on avait troqué slim et stilettos pour une petite robe toute simple. C’est l’effet romantique d’un parfum qui ne triche pas, doux et nature. Une brassée de fleurs tendres « telles que la rose et le freesia qui seront travaillées tout en délicatesse. On oublie les notes fruitées et on les remplace par des agrumes, comme le pamplemousse rose », précise Michel Almairac, parfumeur chez Robertet. Pour L’Eau de 
Chloé, il a choisi une rose fraîche qui se prolonge dans un sillage légèrement boisé par le patchouli.
Mignonne, allons voir si la rose... Celle-ci est également romantique dans l’Eau Rose, de 
Diptyque. Légère et fraîche par la bergamote, elle se nuance ensuite d’une note thé qui lui donne un petit côté old school très british. Dans l’Eau Ravissante, deL’Occitane, cette même rose tient également le rôle-titre mais cette fois en duo avec le freesia. Même si tous deux s’encanaillent avec quelques baies roses à l’envolée, ils restent sages et fondent dans la douceur cotonneuse des muscs blancs.
Je veux un parfum rassurant
Pour être enveloppée d’un cocon de douceur, régressif, avec des senteurs qui rappellent l’enfance. On se laisse tenter par des parfums de peau aux notes douces et sucrées, comme celles de la dragée qu’Annick Menardo, parfumeur pour Firmenich, a glissées dans L’Eau en Blanc, de 
Lolita Lempicka.
« On peut aussi avoir des notes poudrées qui sentent bon le maquillage avec de la violette, de l’iris ou des muscs blancs », ajoute-t-elle. On pourra également s’envelopper du très chic et très doux Jersey dans la collection Les Exclusifs, de Chanel. Aussi cotonneux et poudré que L’eau en Blanc, il donne le premier rôle à une lavande aérienne et presque fruitée tant elle est délicate.
Réminiscences. Et puisque le secret des parfums « cocooning » est l’odeur des souvenirs d’enfance, on peut se laisser bercer par des senteurs évoquant des vacances à la mer : noix de coco, sable chaud, monoï et fleurs de frangipanier... Tout y est dans Prodigieux Le Parfum, la première fragrance créée par 
Nuxe. Celle-ci a un air de famille avec l’Huile Prodigieuse car la marque a mis en senteurs les notes de son huile préférée. Pour nous, elle évoque surtout des moments gais et insouciants au soleil.
 

4-“Un parfum, un vrai, qui a de l’intensité”

Je veux un parfum frais
Qui tienne toute la journée et ne sente pas la citronnade. Un parfum, un vrai, qui a de l’intensité mais aussi la fraîcheur d’une Cologne. C’est possible ? « Oui, en choisissant par exemple des fragrances qui prolongent la vivacité des agrumes avec des épices froides telles que le gingembre ou le poivre, explique François Demachy, le parfumeur de Dior. Ou encore, en choisissant des parfums aux notes florales un peu vertes, comme l’Eau de Campagne de 
Sisley, devenue un classique. Dans Miss Dior Eau Fraîche, la fraîcheur de la bergamote persiste grâce au petit grain citronnier jusque dans le cœur du parfum. Là, c’est un gardénia vert et délicat qui prend le relais. »
À la belle étoile. Encore plus vif et tonique ? Il faut alors demander Nuit Étoilée, d’
Annick Goutal. Ici, on se croit à la belle étoile : il fait frais, on sent les facettes aromatiques du duo menthe-orange se mêler aux notes du fir balsam qui rappelle l’odeur des aiguilles de pin.
Si on préfère les valeurs sûres, aucune prise de risque avec Pure White Cologne, de 
Creed. Quelques notes boisées, des muscs blancs, des zestes de bergamote, citron et orange pour l’esprit classique chic. Dans Les Cascades, de Rochas, tout agrumes et fleurs blanches, la fraîcheur se prolonge avec peps grâce à quelques grains de poivre du Sichuan.
 

Volluptueux sillages

Par Élisabeth de Feydeau, historienne et auteur desParfums, collection Bouquins (éd. Robert Laffont).

Quand sont-ils nés ? L’idée du parfum de femmes fatales naît dans les Années folles avec la vamp (du mot « vampire ») qui enflamme le cinéma muet de l’époque.
Que sentaient ces premiers parfums de femmes fatales ?
Avant les vamps, il était de bon ton de ne laisser sur sa peau qu’un sage sillage de fleurs délicates. Car les senteurs sensuelles restaient l’apanage des filles de joie qui s’inondaient de patchouli. Cette note est le premier parfum « fatal ». Ensuite, les parfums qu’on appelait les ambrés – on dit aujourd’hui les orientaux – furent les premiers du genre. Leurs noms parlent d’eux-mêmes, Tabu, de Dana (1932), Scandal, de Lanvin (1933)... Ils intégraient souvent des notes animales.
Et depuis ?
On reste sur des parfums opulents. Mais ceux-ci peuvent être également chyprés fruités comme Femme, de Rochas (1944), ou encore saturés de fleurs blanches comme Fracas, de Piguet (1948), et sa tubéreuse. Sans oublier les beaux orientaux boisés, tels Opium, d’Yves Saint Laurent (1977), ou Coco, de Chanel (1984).

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